Langue

Recherche

Menu Contact

Menu connection

Thématiques

Agression sexuelle

Les agressions sexuelles constituent un problème social important, tant par son incidence et sa prévalence qu’en termes de conséquences pour les victimes. En effet, les répercussions chez les victimes sont multiples : dépression, syndrome de stress post-traumatique, problèmes de comportement, problèmes d’abus de substance, revictimisation, etc. Toutefois, l’ampleur de ce phénomène demeure encore, malgré les avancées sociales, difficilement mesurable : les agressions sexuelles restent très peu dénoncées et demeurent ainsi dans l’ombre des autorités policières et judiciaires. Par exemple, les enquêtes menées auprès de divers groupes de population indiquent qu’environ 90 % des agressions sexuelles ne sont pas déclarées aux services policiers (Centre Canadien de la statistique juridique, 1999 : 1). Néanmoins, nous savons que ce sont les femmes et les enfants qui restent les principales victimes de cette violence sexuelle. Quant aux agresseurs, ils sont quasi exclusivement des hommes (98 %). Également, l’émergence des études concernant les agressions sexuelles permettent aussi de cerner les pourtours de la problématique. Par exemple, des recherches récentes indiquent qu’environ une femme sur cinq et un homme sur dix ont été agressés sexuellement avant d’atteindre l’âge de la majorité (Tourigny et Baril, 2011).

Reconnaissant que l’agression sexuelle est un acte de pouvoir et de domination de nature criminelle, le Ministre de la Santé et des Services sociaux, dans ses Orientations en matière d’agressions sexuelles (2001 : 22), la définit comme suit :

« L’agression sexuelle est un geste à caractère sexuel, avec ou sans contact physique, commis par un individu sans le consentement de la personne visée ou, dans certains cas, notamment celui des enfants, par une manipulation affective ou par du chantage. Il s’agit d’un acte visant à assujettir une autre personne à ses propres désirs par un abus de pouvoir, par l’utilisation de la force ou de la contrainte, ou sous la menace implicite ou explicite. Une agression sexuelle porte atteinte aux droits fondamentaux, notamment à l’intégrité physique et psychologique et à la sécurité de la personne. » 

Problèmes conjugaux

Les problèmes conjugaux constituent le motif de consultation le plus fréquent en psychothérapie. Près de 50 % des mariages et 70 % des unions recomposées se terminent par une séparation ou un divorce, et ces chiffres ne tiennent pas compte des couples en union de fait. La fragilité croissante de l’engagement, en dépit de la persistance des modèles sociaux de conjugalité à long terme, pose des défis cliniques continuels. En effet, couples et cliniciens sont de plus en plus confrontés à des problématiques complexes : ambivalence, consommation de substances psychoactives, troubles d’alimentation, dépression, anxiété, violence de différents ordres, etc.

De même, les conséquences des problèmes conjugaux sur les enfants sont variables eu égard la problématique mais demeurent manifestes : anxiété, angoisse, insomnie,  problèmes de comportement, difficultés relationnelles, etc., sont susceptibles de nuire au développement de l’enfant et, dans certains cas, à son intégrité physique et psychologique.  L’analyse de ces problèmes et la réduction des effets négatifs chez les enfants doivent constituer une priorité d’action pour les divers acteurs concernés. Il s’avère ainsi nécessaire de mieux comprendre la diversité des problèmes conjugaux et leur impact sur les membres de la famille afin de développer des interventions que l’on souhaite toujours de plus en plus adéquates et adaptées aux réalités contemporaines.

Liens entre les agressions sexuelles et les problèmes conjugaux

Jusqu'à présent, la recherche et le développement de modèles d'intervention touchant à l'une ou l'autre des thématiques du CRIPCAS ont été réalisées en milieux relativement clos et  dans lesquels les échanges de connaissances sont limités. Toutefois, des données récentes suggèrent de nombreux liens entre ces deux thématiques. En effet, parmi les séquelles des agressions sexuelles, il est possible de noter des conséquences graves sur le plan relationnel, telles que le développement de difficultés sexuelles et d’intimité au sein des relations de couple, l’adoption de conduites coercitives nuisant à l’exercice des responsabilités parentales, de même que la présence de violence physique et psychologique au sein des relations amoureuses des adolescents. Ainsi, le fait d’être victime d’une agression sexuelle au cours de l’enfance ou de l’adolescence augmente largement les risques de vivre des relations conjugales perturbées. Plus spécifiquement, avoir été agressé sexuellement durant l’enfance accroît de façon significative les risques de revivre une agression sexuelle dans le cadre de relations intimes (Daigneault, Hébert et McDuff, 2009). Par ailleurs, la présence, chez les parents, de problèmes de communication, de difficultés dans les relations sexuelles, de violence verbale ou physique et de difficultés d’attachement sont des facteurs de risque pour qu’une agression sexuelle se produise envers leurs enfants.